Né à Kolwezi, en République démocratique du Congo, Serge Kakudji découvre l’opéra à la télévision à l’âge de six ans. Un an plus tard, il rejoint un chœur d’enfants à Lubumbashi, où il s’initie à la technique vocale. Sa voix de contre-ténor est bientôt distinguée au concours de l’Alliance française, au festival Nzénzé Ngoma ya Kwetu et au concours national « Prix Jacques Dôme » en Belgique.
À 16 ans, il représente la RDC au Festival international de la voix à Harare, au Zimbabwe. Sa rencontre avec le chorégraphe Faustin Linyekula ouvre une longue collaboration, notamment autour de la trilogie Dinozord : The Dialogue series, qui le mène sur des scènes internationales. Il y rencontre la soprano américaine Laura Claycomb, qui accompagne son développement vocal.

Il étudie le chant à l’Institut supérieur de musique et de pédagogie de Namur, à la Monnaie de Bruxelles et au conservatoire de Saint-Maur-des-Fossés, où il travaille avec Yves Sautin. Il fait ses débuts à l’opéra dans des rôles baroques : Tolomeo dans Giulio Cesare in Egitto de Haendel à l’Opéra royal de Versailles, sous la direction de Jean-Claude Malgoire, puis à l’Opéra Garnier sous la direction musicale d’Emmanuelle Haïm.
Il chante également Amore dans L’incoronazione di Poppea de Monteverdi au Teatro Real de Madrid et à l’Opéra de Montpellier, sous la direction de Sylvain Cambreling, ainsi que Lidio dans L’Egisto de Cavalli. Son parcours passe aussi par La Folie d’Héraclès de Fabrizio Cassol et la Petite Messe solennelle de Rossini à Tourcoing, sous la direction de Jean-Claude Malgoire.
Avec Alain Platel et Fabrizio Cassol, il devient l’interprète principal de Pitié !, une recréation de la Passion selon saint Matthieu de Bach jouée plus de 180 fois à travers le monde. Il est ensuite à l’origine de Coup Fatal : il imagine le dialogue entre airs baroques et musiques de Kinshasa, puis réunit les artistes qui lui donnent vie. Présenté notamment à Vienne, Brisbane, Berlin, Paris et au Festival d’Avignon, le spectacle dépasse les 180 représentations en deux ans. Entre les tournées, Serge Kakudji poursuit ses récitals, du répertoire classique aux musiques africaines et contemporaines.
En 2017, la chorégraphe Annabelle Bonnéry lui propose Two Seul. L’année suivante, Claire Diterzi crée avec lui L’Arbre en poche, librement inspiré du Baron perché d’Italo Calvino, mêlant chant, acrobatie, percussion et théâtre. Le Théâtre national de Chaillot lui offre ensuite une carte blanche de deux ans autour du projet Paysage d’ensemble.

En octobre 2021, il participe à Madrigali du compositeur Gualtiero Dazzi, créé avec l’ensemble Variances au Grrranit, scène nationale de Belfort. La même année, il tourne avec la compagnie belge Froefroe dans Diva, spectacle musical inspiré de l’histoire du castrat Farinelli.
En 2022, il chante à Kinshasa lors d’une soirée consacrée aux liens entre la RDC et la Belgique, en présence du président Félix Tshisekedi et du roi Philippe. En 2024, il fait ses débuts au Grand Théâtre de Genève dans Justice d’Hector Parra, mis en scène par Milo Rau, et interprète le Stabat Mater de Vivaldi à l’Opéra de Montréal.
En mai 2025, il retrouve Milo Rau lors de l’ouverture des Wiener Festwochen, devant 48 000 spectateurs. Leur collaboration se poursuit avec Le Procès Pelicot, présenté au Festival d’Avignon 2025, avec notamment Ariane Ascaride, Marie Vialle, Marie-Christine Barrault et Philippe Torreton.
En octobre 2025, Serge Kakudji chante le Coryphée dans Antigone de Pascal Dusapin à la Philharmonie de Paris. En fin d’année, il retrouve Le Messie de Haendel.
En 2026, il participe au festival Musica de Strasbourg à Devenir|s Mutant·es, création de Sasha J. Blondeau conçue avec l’autrice et documentariste Adila Bennedjaï-Zou. Entre récits personnels, voix et instruments, l’œuvre explore les transformations choisies ou traversées.
Il interprète la partie de contre-ténor des Carmina Burana de Carl Orff au concert d’ouverture du Festival Berlioz, avec la soprano Giuliana Gianfaldoni, le baryton Yannick Debus, l’Orchestre national symphonique et le Chœur national de Lettonie, sous la direction de Daniel Kawka.
Il rejoint également SUNVILLE, création de théâtre musical afrofuturiste à la Deutsche Oper Berlin, imaginée par Sofia Jernberg, Fiston Mwanza Mujila et Stephanie Thiersch. Il y incarne le Boxeur à la retraite, au sein d’une communauté d’exilés et de rescapés qui cherche à inventer une autre vie collective.

Avec la Compagnie Likembe, fondée en 2018, Serge Kakudji développe des projets qui relient les arts et les traditions musicales. En 2024, il y conçoit Second Souffle, créé à l’ouverture du Festival des PolyKromies de Sarcelles.
Cette recherche se prolonge avec Mwezi una angara, premier album en duo avec le guitariste David Demange, dont la sortie est prévue en octobre 2026. Enregistré à la Saline royale d’Arc-et-Senans, il fait dialoguer des œuvres de la Renaissance et du répertoire baroque avec leurs compositions. Petit Solo Diabaté, Napoleon Maddox et Fayçal Salhi les rejoignent sur le disque.
